L’insécurité, un ennemi à abattre ?

L’insécurité, un ennemi à abattre ?

Hier matin j’ai eu un coaching avec une femme merveilleuse, nommons-la Julie, qui a un projet d’affaires tout aussi merveilleux qu’elle fait grandir avec cœur, depuis 2 ans. Sauf que là elle n’a plus de fun du tout, elle habituellement si heureuse à concevoir et à créer son contenu. En cherchant un modèle d’affaires, elle a fini par douter et par se dégonfler à la vue des piètres résultats promis par les statistiques et pronostics. Pourtant elle a bien fait ses devoirs ! Que faire ?

Avez-vous remarqué que les gens d’affaires invités à parler de leur histoire à succès ne s’étendent jamais sur leur modèle d’affaires ? Ils parlent plutôt de leur rêve en apparence impossible à réaliser. De la manière dont ils ont maintenu le cap, en se balançant sur un mince fil, en persévérant. En prenant des risques, en contournant les obstacles et en faisant fi des prophètes de malheur. Sans garanties autres que leurs convictions, leur gut feeling, ou même parfois, une petite voix à peine audible. Ils parlent aussi du moment où est arrivée une percée, une percé qui a changé la suite des choses, alors qu’il était rendu midi moins une.

Arrivé à ce point de leur récit, j’ai immanquablement les larmes aux yeux ! Ah, quelle délivrance, quel accomplissement, quelle joie de sentir que les choses sont possibles, au-delà de tous les « si » et les « mais » du mental !

Pour chaque histoire à succès, combien d’histoires avortées, tuées dans l’œuf, qui auraient mérité de s’écrire ?

Revenons à Julie, qui se bat POUR son projet et CONTRE ses doutes. Et qui essaie tant bien que mal de chasser son insécurité. Qui ne voit pas le jour où il y aura un retour en argent sonnant. L’expression de son visage est tendue. Il y a des enjeux majeurs. Son conjoint planifie laisser son emploi d’ici quelques mois, pour travailler à son compte. Rien pour la rassurer !

La table est mise…

Au fil de la séance je l’invite à visiter son espace d’insécurité, qui a pris tant de place dans sa vie, et qui sape son énergie et son enthousiasme. Sous son insécurité, Julie découvre une peur, celle d’être écrasée. Évidemment, ça pourrait être autre chose, selon les individus et les circonstances : la peur du manque, la peur de disparaître, d’échouer, de mourir, etc… Dans cet espace intérieur, au creux du ventre, le but n’est pas d’étiqueter le ressenti, mais simplement de rester présent à lui. Le vivre et l’observer en même temps, avec curiosité et bienveillance. J’invite Julie à reconnaître sa peur et à lui donner le droit de vivre, tout en l’observant avec curiosité.

C’est surprenant de ne pas essayer de changer un ressenti négatif, de plutôt l’encourager à être, tel quel. Julie me partage son étonnement : « J’ai déjà parlé avec la peur. Parfois, je luttais contre. D’autres fois, j’arrivais à lui trouver des bons côtés et à la tolérer… à la condition qu’elle ne prenne pas trop de place. Toujours, il y avait entre « elle » et moi un rapport de force, penchant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre… Jamais je ne l’ai considérée en me disant qu’elle avait le droit d’être là! »

Qu’est-ce que ça te fait, Julie, de laisser la peur ÊTRE ? Julie ferme les yeux et respire calmement. « Ça enlève le drame. »

Et ensuite sa question : « What’s next ? » Une question qui en dit long sur notre belle société de performance !

RIEN. Nothing is next ! Tu n’as rien d’autre à faire !

Julie ferme à nouveau ses yeux pour mieux cerner ce qu’elle ressent. « Je sens de l’espace et, de plus en plus, du calme. » Ouvrant les yeux, elle conclut : « C’est comme si une poussière d’étoile venait de se poser! »

Dans la hiérarchie de Maslow le besoin de sécurité vient tout juste après celui de la survie. Il est profondément enraciné dans l’humain, dans le but de protéger son intégrité. En visitant sa peur, Julie donne la chance à cette dernière de se transformer d’ennemi à combattre en un compagnon de route. La tension a disparu sur son visage. Encore incrédule, elle se sent alignée et énergisée. Il n’y a plus de lutte.

L’exercice au cœur de notre rencontre n’aura duré que quelques minutes. Il sera à répéter chaque fois qu’un ressenti lourd sabotera le mouvement vers l’avant. L’énergie récupérée deviendra de nouveau disponible pour faire avancer son projet de façon proactive et créative.

OBSERVER – RESSENTIR – LAISSER VIVRE.

Trop simple ? Peut-être… À vous de juger, mais seulement APRÈS avoir essayé SVP 😉

Cordialement !

Heidi

Heidi Spühler
Coach certifiée, Conférencière et Formatrice
514 242-4913